La justice israélienne reconnaît la famine infligée à un mineur palestinien et classe l’affaire sans suite

Des articles de presse hébraïques ont révélé un paradoxe juridique choquant au sein du système judiciaire israélien. Un juge a reconnu que Walid Ahmed, un Palestinien de 17 ans, avait été soumis à la famine et à une grave malnutrition durant sa détention. Malgré cet aveu explicite, le tribunal a décidé de classer l’enquête pénale sur les circonstances de son décès, faute de preuves suffisantes pour établir un lien direct entre la détérioration de son état de santé et sa mort.

Selon des sources de presse, le juge Ehud Kaplan a levé l’ordonnance de non-divulgation des détails de l’affaire, ce qui a suscité l’indignation des organisations de défense des droits humains. Ahmed est considéré comme le premier mineur palestinien à mourir dans les prisons israéliennes depuis des décennies. Cette décision met en lumière les politiques systématiques mises en œuvre par l’administration pénitentiaire à l’encontre des détenus, notamment au regard des conditions de détention déplorables qui ont suivi les événements d’octobre 2023.

Walid Ahmed est décédé en mars 2025 à la prison de Megiddo, environ six mois après son arrestation à son domicile de Silwad, en Cisjordanie occupée. Sa famille a confirmé qu’il était en excellente santé avant son arrestation et ne souffrait d’aucune maladie chronique ni problème de santé important, ce qui renforce la thèse d’une mort lente par négligence et inanition.

Le rapport du médecin israélien Daniel Solomon, qui a supervisé l’autopsie, a révélé que le corps du garçon présentait des signes évidents de malnutrition sévère et de colite, en plus de la gale. Le médecin a expliqué que le défunt s’était plaint à plusieurs reprises auprès de l’infirmerie de la prison de l’insuffisance de ses rations alimentaires, mais que ses demandes étaient restées sans réponse.

Le juge Kaplan a justifié sa décision d’arrêter les poursuites judiciaires en décembre dernier en affirmant que l’enquête avait épuisé toutes les pistes possibles, arguant que les résultats de l’autopsie n’établissaient pas de lien de causalité définitif entre la famine et le décès. Il a écrit dans sa motivation que l’état d’émaciation du garçon était indéniable, mais juridiquement insuffisant pour condamner l’administration pénitentiaire pour meurtre.

Pour sa part, Khaled Ahmed, le père du martyr, a confirmé que les autorités d’occupation soumettent sa famille à de sévères restrictions depuis l’arrestation de son fils, rejetant toutes les demandes de son avocat de lui rendre visite et de s’assurer de son état de santé. Dans des déclarations aux médias, le père a ajouté que ce qui se passe dans les cellules est une véritable tragédie, bafouant les normes les plus élémentaires d’humanité, où des enfants sont tués de sang-froid.

Les autorités d’occupation continuent de détenir le corps du martyr, Walid Ahmed, dans les chambres froides de la morgue, refusant de le remettre à sa famille pour qu’elle puisse l’inhumer dans sa ville natale de Silwad.

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